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Finance d’entreprise

Les décisions d’investissement

Une décision d’investissement engage des ressources certaines contre des flux futurs incertains. Ce cours établit comment définir le projet, construire les flux qui lui appartiennent et mesurer la valeur créée par l’engagement de capital.

La décision étudiée

Acheter un équipement, ouvrir une capacité de production ou lancer une activité ne constitue pas une bonne décision du seul fait que le projet augmente le chiffre d’affaires. L’entreprise immobilise du capital, supporte une période de montée en charge et renonce à d’autres emplois possibles de ses ressources. L’analyse financière doit déterminer si les flux supplémentaires attendus compensent l’investissement, le temps et le risque.

Le calcul commence avant l’actualisation. Il faut définir ce qui se produirait sans le projet, puis ne retenir que les encaissements et décaissements modifiés par la décision. Cette comparaison évite d’inclure des charges comptables réparties sans effet de trésorerie, d’oublier un actif existant qui aurait pu être vendu ou de traiter une dépense déjà irréversible comme si elle pouvait encore être évitée.

La valeur actuelle nette, ou VAN, convertit ensuite des flux datés en une mesure monétaire de création de valeur. Elle relie la décision industrielle au rendement exigé par les apporteurs de capitaux. Une VAN positive ne garantit cependant ni la qualité des prévisions ni la disponibilité du financement au moment nécessaire. Le modèle doit donc rester lié aux hypothèses opérationnelles et au calendrier de liquidité.

Compétences visées

  • Définir un scénario sans projet économiquement crédible.
  • Identifier les flux différentiels après impôt et leur date de réalisation.
  • Distinguer coût irrécupérable, coût d’opportunité, capex et investissement en BFR.
  • Interpréter la VAN comme un surplus après rémunération du capital au taux exigé.

Concepts essentiels

  • Flux différentiels
  • Coût d’opportunité
  • Coût irrécupérable
  • Besoin en fonds de roulement
  • Valeur actuelle nette
  • Valeur terminale
  • Cohérence entre flux et taux

Structure du cours

  1. Définition de la décision d’investissement
  2. Construction du scénario de référence
  3. Passage du résultat opérationnel aux flux de trésorerie
  4. Traitement de l’impôt, du BFR et des actifs existants
  5. Calcul et interprétation de la VAN
  6. Horizon, valeur terminale et inflation
  7. Limites du modèle et discipline de décision

Cadre d’analyse

Comparer deux trajectoires économiques

Le projet n’est pas comparé à zéro mais à une trajectoire sans investissement. Une machine nouvelle peut éviter des coûts de maintenance, réduire les rebuts ou préserver des ventes qui auraient autrement disparu. Ces effets appartiennent au projet même s’ils ne prennent pas la forme de recettes nouvelles. Inversement, une dépense de siège déjà supportée par l’entreprise ne devient pas un flux du projet parce qu’une clé comptable lui en attribue une fraction.

Cette logique conduit à poser une seule question pour chaque ligne du modèle : le montant total encaissé ou décaissé par l’entreprise serait-il différent si le projet était refusé ? Si la réponse est non, la ligne ne fait pas partie du flux différentiel. Si la réponse est oui, elle doit être intégrée à la date et après la fiscalité qui lui correspondent.

Mesurer le surplus créé

Pour un investissement initial I₀, des flux différentiels FCFₜ et un rendement exigé r, la valeur actuelle nette s’écrit :

Détermination de la VAN

VAN = −I0 + ∑t=1nFCFt(1+r)t

Le rendement exigé représente le coût d’opportunité du capital pour un risque comparable. Une VAN égale à zéro signifie que le projet rémunère exactement ce coût. Une VAN positive mesure le surplus restant après cette rémunération; elle ne correspond ni au bénéfice comptable cumulé ni au montant de trésorerie disponible à la clôture du projet.

Illustration numérique

Supposons un décaissement immédiat de 100 et un encaissement certain de 112 dans un an. Pour un rendement exigé de 8 %, le calcul s’écrit :

VAN8 % = 1121,08 − 100 ≈ 3,7

Pour un rendement exigé de 13 % :

VAN13 % = 1121,13 − 100 ≈ −0,9

Les mêmes flux créent donc un surplus au premier taux et deviennent insuffisants au second. Le rendement exigé doit correspondre au risque du projet et à l’alternative offerte aux financeurs.

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